Newsletter spécial lancement du CEH_2026

juillet 24, 2026 0 Par Karim NIKIEMA

INSTALLATION DU DIRECTEUR DU CEH

Sous le sceau de l’autorité et de la science

Le Dr Moussa BOUGMA (à gauche) a été installé dans ses nouvelles fonctions de directeur du CEH par le président de l’Université Joseph KI-ZERBO, Pr Antoine BERE

Par arrêté ministériel du 14 novembre 2025, Dr Moussa BOUGMA a été nommé pour présider aux destinées du Centre d’Excellence de l’Habitat (CEH) érigé en institut le 30 mai 2025 au sein de l’Université Joseph KI-ZERBO. Dès lors, il ne restait plus que son installation pour lancer officiellement les activités du CEH.

Pour donner plus d’impact et de visibilité à cet événement, les autorités universitaires ont décidé de coupler l’installation du nouveau directeur avec une rencontre scientifique de haut niveau regroupant des experts du logement, de l’habitat et de l’urbanisme de l’espace UEMOA et au-delà. C’est ce qui a justifié la tenue, les 27, 28 et 29 avril 2026, du séminaire international de lancement du CEH, avec un thème pertinemment circonstancié: « Ancrer le Centre d’Excellence de l’Habitat dans une dynamique institutionnelle, partenariale et territoriale durable ».

A tout seigneur, tout honneur, la cérémonie d’ouverture de cette grande rencontre scientifique a été consacrée à l’installation du nouveau directeur de l’institut par le Pr Antoine BERE, président de l’Université Joseph KI-ZERBO, par ailleurs président dudit séminaire. Ce cérémonial a permis à Dr Moussa BOUGMA d’être auréolé de ses attributs de directeur du CEH, notamment par la formule consacrée

« Je vous déclare installé dans vos fonctions de directeur du CEH avec toutes mes félicitations et mes vœux de pleins succès », ainsi que la remise de sa lettre de mission et de son certificat de prise de service. Il a par ailleurs relevé que la pluie inhabituelle qui a arrosé Ouagadougou la veille témoigne de l’accompagnement des ancêtres à l’endroit du nouveau directeur.

C’est en homme averti des enjeux liés aux problématiques de logement, de l’habitat et de l’urbanisme que Dr Moussa BOUGMA s’est adressé à l’assistance composée de promoteurs et d’experts immobiliers, d’architectes, d’urbanistes, de géomètres, de banquiers, d’étudiants, d’autorités universitaires sous-régionales et de représentants d’organismes internationaux et interafricains.

D’éminentes personnalités du domaine de logement et de l’habitat de l’espace UEMOA ont été présentes à la cérémonie…

Il a rappelé l’historique et fait un bilan exhaustif du CEH, félicité les acteurs qui ont facilité sa mise en œuvre et son érection en institut, remercié l’UE-MOA qui, grâce à la Banque Mondiale, en a financé le projet. Une mention spéciale a été faite aux autorités universitaires et ministérielles qui ont apporté le soutien et l’accompagnement adéquats. Il a terminé ses propos en déclinant les grands chantiers qui attendent le nouveau directeur qu’il est. C’est pourquoi il fonde beaucoup d’espoir sur les conclusions des travaux en cours, lesquels travaux devraient donner des orientations claires sur comment ancrer, de manière pratique, le CEH dans une dynamique institutionnelle, partenariale et territoriale durable.

L’ONU-Habitat, un acteur-clé du processus, a également intervenu à la tribune. Monsieur Yombi OUE-DRAOGO, représentant du Directeur du Bureau régional pour l’Afrique, a réaffirmé l’engagement de son institution aux côtés du CEH. Pour l’agence onusienne, ce centre doit devenir « un producteur de savoir stratégique, un accélérateur de compétences et un catalyseur de politiques publiques efficaces », afin de transformer durablement les systèmes d’habitat dans l’espace UEMOA.

Les mêmes attentes ont été exprimées par le Pr Antoine BERE, président de l’Université Joseph KI-ZERBO qui a insisté sur trois priorités : l’ancrage institutionnel du centre, la dynamique partenariale et l’arrimage territorial. Il a rappelé que l’habitat est au cœur des défis sociaux, économiques et environnementaux liés à l’urbanisation rapide du continent.

Aussi, le Pr BERE n’a pas manqué de féliciter l’ensemble des partenaires de l’ex-groupement pour leur collaboration et la qualité des résultats obtenus, tout en rendant un hommage à son prédécesseur, Pr Jean-François Silas KOBIANE, pour son rôle déterminant dans la coordination du projet. Il a aussi exprimé sa reconnaissance au Commissaire de l’UEMOA chargé du Département de l’Aménagement du Territoire Communautaire et des Transports pour son engagement décisif. Avant de déclarer le séminaire ouvert, il a déclaré à l’endroit de l’UEMOA : « L’Université Joseph KI-ZERBO a honoré sa parole en abritant le Centre d’Excellence de l’Habitat et témoigne de sa volonté indéfectible d’œuvrer avec vous pour son expansion effective dans tous les pays membres de l’UEMOA ».

Le séminaire ainsi ouvert, le comité d’organisation a procédé au déroulement de son agenda.

…ainsi que d’autres universitaires

CEH: De projet pilote à institut

Le CEH est l’aboutissement d’un long processus ayant impliqué plusieurs compétences institutionnelles nationales, sous-régionales et internationales.

En effet, à l’issue d’un appel à candidatures lancé en 2019 par l’UEMOA dans le cadre du Projet d’assistance technique du don IDA pour le financement du logement abordable (PFLA-UEMOA), le consortium constitué par l’Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP) de l’Université Joseph KI-ZERBO (chef de file), l’École Supérieure d’Économie Appliquée (ESEA) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal et le Programme des Nations Unies pour les Établissements Humains (ONU-Habitat) a été retenu pour apporter, durant quatre (04) ans, des solutions novatrices aux problèmes de logement, de l’habitat et de l’urbanisme dans les 08 pays de l’UEMOA. C’est pourquoi, les quatre (04) années consacrées à la phase projet du CEH ont été essentiellement jalonnées par :

  • la production de 86 indicateurs harmonisés dont 41 déclarés prioritaires sur le logement, l’habitat et le foncier dans les 8 pays de l’UE-MOA ;
  • l’élaboration de 8 manuels de collecte de données dont un pour chacun des 8 pays de l’UEMOA ;
  • la création d’une plateforme de données et d’une plateforme de formation ;
  • l’organisation de 4 sessions de formations dont 2 en présentiel à Ouagadougou et à Dakar et 2 en ligne sur la promotion immobilière au profit d’acteurs de la chaîne foncière et immobilière de l’espace UEMOA ;
  • la production de 5 rapports-pays sur les questions de foncier urbain et du logement.

A ces réalisations, s’ajoute la production de plusieurs outils de communication, notamment une stratégie de communication, un site web et une page Facebook.

A la fin de la phase projet, il ne restait plus qu’à concrétiser le rêve d’ériger le CEH en institut au sein de l’Université Joseph KI-ZERBO.

Depuis le 30 mai 2025, c’est désormais chose faite, avec la signature de l’arrêté n°2025-0172/MESRI/ SG/UJKZ portant création de l’institut « Centre d’Excellence de l’Habitat » à l’Université Joseph KI-ZERBO avec des objectifs pratiquement inchangés et bien clairs : la recherche-action ; le développement et la diffusion des connaissances ; le renforcement des capacités des acteurs et la création de compétences nouvelles.

SESSIONS THÉMATIQUES : Lumières sur les grands chantiers à venir du CEH

Répartis en quatre (4) groupes, les participants ont réfléchi sur les actions urgentes à réaliser pour l’enracinement de l’institut.

Le séminaire qui a été couplé avec l’installation du directeur du CEH avait, entre autres, pour obįectif de recueillir les réflexions des participants sur les enjeux et les défis actuels liés au logement, à l’habitat, à l’urbanisme et au foncier afin de formuler des recommandations concrètes pour le développement du Centre.

Pour ce faire, le séminaire a été organisé sous forme de panels et de sessions de travail thématiques. Les participants ont d’abord échangé autour de cinq

(05) panels thématiques en lien avec le thème du séminaire, et les cinq (05) axes stratégiques du CEH. Ces thématiques ont porté sur :

  • Les enjeux, défis et opportunités en termes de renforcement de capacités et de formation pour les acteurs de la chaîne de l’habitat dans l’espace UEMOA ;
    • La production et la diffusion de données probantes pour des politiques de l’habitat efficaces;
    • Les enjeux, défis et opportunités de développement de la recherche-action sur l’habitat dans l’espace UEMOA ;
    • Le développement d’un creuset d’expertise et de conseil au service des politiques de l’habitat en Afrique de l’Ouest ;
    • Le développement de partenariats stratégiques durables pour un habitat durable autour du CEH.

A l’issue de ces échanges fructueux, les participants ont été répartis en quatre (04) groupes de travail, toujours en lien avec les principaux centres d’inté-rêt du CEH, afin de formuler des recommandations pour un meilleur ancrage de l’institut.

Quelques grandes recommandations du séminaire

  • Développer un cadre de compétences interdisciplinaire et basé sur l’innovation en lien avec les partenaires et les ministères en charge de l’habitat, en adaptant les formations aux besoins spécifiques des différents acteurs (formation à la carte, apprentissage).
  • Renforcer la visibilité et le positionnement politique du CEH pour faciliter la collecte et le partage de données fiables.
  • Mettre en place un agenda de recherche quin-quennal pluridisciplinaire coordonné avec les institutions membres, avec des équipes mixtes et des approches participatives et itératives.
  • Consolider le rôle du CEH comme acteur de ré-férence en matière d’appui-conseil et d’assistan-ce à l’élaboration et l’évaluation des politiques d’habitat, en renforçant la collecte de données de terrain via un réseau d’acteurs locaux ;
  • Construire un écosystème partenarial structuré à trois niveaux : institutionnel (États membres de l’UEMOA, ministères, ONU-Habitat, Banque Mondiale,…), académique (universités du Nord et du Sud, laboratoires membres, co-encadrement de thèses,…) et professionnel (secteur privé, praticiens, institutions financières).
Le panel animé par l’Ivorien Wiliams Paolo N. BELLA (à droite) et le Béninois Djabar Dine C. ADECHIAN, a porté sur « Production et diffusion de données probantes pour des politiques de l’habitat efficaces »
Le panel sur le partenariat a été développé par le recteur de l’Université Abdou Moumouni du Niger, Pr Moussa BARRAGE (milieu) et de Femin Emmy HOUNDONOUGBO du CRRH-UEMOA basé au Togo (à gauche).

RECONNAISSANCE DU CEH À L’ENDROIT DES ACTEURS
Trophées et attestations à des partenaires

Les experts et les représentants institutionnels ont reçu chacun un trophée et une attestation de participation.

Les travaux du séminaire ont pris fin sur une note de satisfaction générale des différentes parties prenantes. Visiblement émus par le déroulement et les résultats du séminaire, le directeur du CEH a remercié l’ensemble des acteurs pour leur engagement et le sérieux dont ils ont fait preuve dans l’accomplissement de leur mission. Il a également renouvelé sa confiance aux partenaires, tout en sollicitant leur accompagnement continu pour la poursuite de la collaboration. En l’absence du président de l’Université Joseph KI-ZERBO, c’est le vice-président chargé de la recherche et de la coopération universitaire, Pr Adama SANOU, qui a procédé à la clôture des travaux de la rencontre en saluant les efforts individuels et collectifs des participants, lesquels efforts ont permis d’aboutir à des recommandations pertinentes. Au cours de cette sobre cérémonie de clôture, le comité d’organisation a remis aux invités d’honneur et aux représentants des institutions partenaires, un trophée estampillé CEH, en plus d’un certificat de participation.

En l’absence du président de l’Université Joseph KI-ZERBO, c’est le vice-président chargé de la recherche et de la coopération universitaire, Pr Adama SANOU, qui a clos les travaux de la rencontre en saluant les efforts individuels et collectifs des participants.
Les recommandations du séminaire ont été lues par Dr Koko Zébéto HOUEDAKOR, responsable suivi-évaluation au CERViDA-DOUNEDON (Togo)

MUSÉE NATIONAL ET MÉMORIAL THOMAS SANKARA :

Deux fenêtres touristiques pour découvrir la culture et l’histoire burkinabè

Au mémorial Thomas SANKARA

Malgré un agenda particulièrement chargé, le comité d’organisation a pu aménagé deux moments de détente afin de permettre aux participants de se ressourcer utilement. A cet effet, deux visites touristiques ont été intégrées au programme du séminaire : l’une au Musée national et l’autre au Mémorial Thomas Sankara. Ces excursions ont permis aux visiteurs de découvrir les différents types d’habitats du Burkina Faso et la période révolutionnaire de notre pays, enclenchée et dirigée par le leader charismatique Thomas Sankara.

Au Musée National…

DINER D’AU REVOIR

Entre cadeaux de souvenir et échanges à bâtons rompus


Après la remise de cadeaux souvenirs…

Pour se séparer dans une ambiance mémorable, le comité d’organisation a reçu ses invités autour d’un diner d’au revoir dans un hôtel de la place. Cette soirée a été une occasion de remettre aux convives des symboles emblématiques du Burkina Faso, notamment le célèbre chapeau de Saponé et le pagne Faso Danfani. Cette parenthèse conviviale a agréablement rythmé le dîner, au cours duquel organisateurs et participants ont échangé à bâtons rompus autour des thématiques et les perspectives du séminaire qui les a réunis à Ouagadougou durant 72 heures.

le toast donné par le président de l’Université a ouvert le buffet.

… le toast donné par le président de l’Université a ouvert le buffet.

VISIBILITÉ DU SÉMINAIRE

Les activités du séminaire ont été couvertes et relayées aussi bien par les services de commu-nication de l’Université Joseph KI-ZERBO et de l’ISSP que par plusieurs médias burkinabè. À la date du 20 mai 2026, ces dif-férentes publications affichaient les statistiques suivantes :

Canal / MédiaPersonnes touchées Interactions
Page Facebook (UJKZ/ ISSP) 29 523 2 169
Lefaso.net 1 126 626
RTB 1 500 000
BF12 000 000
3TV1 000 000
Sidwaya 16 000
AIB19 046 126  


PROPOS DE QUELQUES PARTICIPANTS

Williams Paolo Johanis N. BELLA, Directeur Général du cabinet d’expertise immobilière Property KRO (Côte d’Ivoire)

« Nous avons été regroupés en fonction des quatre axes de la problématique. Moi, j’ai été impliqué dans la problématique relative à la production et à la diffusion de données qui sont clés dans le secteur immobilier. En termes d’organisation, il n’y a rien à dire. C’était excellent. Comme on le dit souvent, ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire nous viennent aisément. En matière de logement, c’est la même chose. Ce qui se conçoit bien se dessine bien, s’écrit bien, se structure bien et les financements pour le faire nous viennent aisément. Nous venons de lancer les activités du Centre d’Excellence de l’Habitat, qui va être la racine de la réflexion stratégique relative au logement. On sait que le logement c’est quand même la pierre angulaire de beaucoup de choses. Le logement nous sert à habiter certainement. Mais quand on y habite, c’est qu’on a un travail. Donc la problématique de l’habitat et du logement est une problématique cruciale. Et au cours de ces journées, cette question a été abordée dans tout son ensemble par rapport à la sous-région. Parce qu’en plus de la présence de l’UEMOA qui représente les 8 pays, le Niger est présent, la Côte d’Ivoire (à travers ma personne), le Togo, le Mali, et bien sûr le Burkina Faso. Les parties prenantes étatiques ainsi que l’ONU-Habitat ont également répondu présents. Donc il faut prendre au sérieux ce qui s’est passé ici. À partir de maintenant, nous avons un outil dont nous pouvons être fiers et sur lequel les politiques pourront s’appuyer. Et pas seulement les politiques, mais aussi les chercheurs, les privés, et tout l’écosystème qui tourne autour de ce secteur qui est un secteur transversal ».

Soumahila SAWADOGO, Cadre de banque, expert formateur (Burkina Faso)

« Nous sommes très content de prendre part à cette cérémonie de lancement qui consacre le démarrage effectif des activités du CEH, qui était le maillon manquant de notre écosystème. Comme vous le savez, dans tout pays, lorsque les problèmes de logement sont résolus, cela confère de bonnes perspectives en matière de développement. Nous avons pu remarquer à travers les statistiques qu’aujourd’hui l’offre est là, la demande aussi, mais il manquait ce maillon essentiel pour assurer la coordination. Donc nous pensons que le CEH vient à point nommé pour permettre de jouer pleinement ce rôle. Ce centre d’excellence va permettre d’harmoniser l’ensemble des textes qui existent en la matière, et surtout d’assurer la formation de tous les intervenants, tous les corps de métier. Et quand on sait que c’est un métier dans lequel nous avons beaucoup d’acteurs qui, malheureusement, n’ont pas les compétences techniques financières pour assurer pleinement la production du logement à grande échelle, la création du CEH nous conforte que ce vide sera comblé. Ce Centre, dans le cadre de sa mission, assurera la production de données qui vont être beaucoup utilisées par nos politiques dans le cadre de l’élaboration des politiques, des programmes de développement ».

Dr Brahima KAFANDO, Cadre du Ministère de la Construction de la Patrie (Burkina Faso).

« Le séminaire sur le lancement du Centre d’Excel-lence de l’Habitat est une belle initiative. Il a permis à différents acteurs de la chaîne de l’habitat de se ren-contrer et d’échanger sur cette question majeure du logement. Nous avons travaillé sur l’axe renforcement des capacités et puis la question du partenariat.

Sur la question de renforcement de capacités, nous avons pensé à des formations diplômantes et à des formations certifiantes. Quant à la question du par-tenariat, nous avons envisagé d’établir des relations avec des structures qui puissent faciliter le finance-ment du CEH ».

Dr Koko Zébéto HOUEDAKOR, Responsable suivi-évaluation au CERViDA-DOUNEDON (Togo)

« Je voudrais ici exprimer toute notre reconnais-sance au CEH pour l’organisation de la rencontre, et la bonne coordination des activités. Ce qui nous a permis de participer à ce séminaire auquel les acteurs des huit pays de l’UEMOA sont venus pour échanger sur les différents axes de la rencontre. La somme de ces réflexions devrait pouvoir conférer au Centre le leadership en matière de logement dans l’espace sous-régional. Les questions relatives, par exemple, au renforcement des capacités de tous les acteurs du logement ont été soulevées. Il faudrait surtout que nous ayons à l’esprit que le logement constitue un écosystème, et dans ce sens-là, plusieurs acteurs sont appelés à interagir ensemble. Pour avoir une vision commune, il y a nécessité d’envisager des renforcements de capacité pour que tous les acteurs aient la même vision de la chose. Il y a aussi la question de la recherche appliquée, qui devra se faire en prenant en compte notre dimension culturelle (briques, confort thermique et les aspects de qualité de vie dans le logement ou tout autre aspect culturel). Le CEH a besoin d’établir des partenariats assez forts. Ces partenariats vont permettre au centre de pouvoir jouer son rôle fédérateur au niveau des pays de l’UEMOA, et de relever le défi de son positionnement politique et l’harmonisation de toutes ces questions relatives aux questions de logement dans ces pays-là ».

Djabar Dine C. ADECHIAN, Expert statisticien-démographe à AFRISAT (Mali)

« Le colloque s’est bien passé et je pense qu’au cours des trois jours de partage, nous avons eu l’occasion d’échanger avec les professionnels du domaine et avec les techniciens du CEH pour aborder les questions préoccupantes de l’habitat dans la sous-région. Donc nous avons pu discuter sur différents aspects et formuler des recommandations qui vont permettre au Centre d’aller de l’avant dans la mise œuvre de sa mission. Moi j’ai présidé la session thématique 2, qui évoque la production des données. Effectivement, dans ce domaine, il y a encore beaucoup de défis à relever au niveau des états membres. Pour ce faire, le CEH devra collaborer avec les différentes structures de production de statistiques sous-régionales de manière à avoir des données de qualité fiables et disponibles à temps pour la prise de décision au niveau national et au niveau régional. Le CEH doit aussi travailler dans des domaines innovants tels que l’utilisation des big data, l’utilisation de l’imagerie satellitaire pour produire des indicateurs fiables au niveau régional et au niveau de chacun des pays ».

Jacques TIENDRÉBEOGO, Urbaniste représentant l’Ordre des urbanistes (Burkina Faso)

« Le séminaire a réuni des sommités du monde du lo-gement. Il y a eu aussi une diversité des contributions. Le CEH devra s’appuyer là-dessus pour s’imposer comme acteur décisif du secteur du logement dans l’espace UEMOA.Le centre devra maintenir le contact avec tous les participants, qui peuvent constituer en quelque sorte des points focaux, des points d’entrée dans leurs dif-férentes structures, afin que la collecte, le traitement et l’analyse des données puissent se faire de façon pérenne ».

Léon-Paul TOÉ, Ancien SG du ministère en charge de l’habitat, personne ressource

« C’est un exercice qui a été bien réussi de pouvoir réunir tous ces professionnels de plusieurs pays pour parler d’un même sujet. Du point de vue organisation, ce séminaire a été très bien préparé, à savoir que les objectifs étaient bien définis. Les ateliers de travaux qui ont suivi ont été bien calibrés aussi. Donc tout ça permet d’avoir une démarche rigoureuse qui amène à avoir des conclusions assez pertinentes pour le compte du CEH. Je n’ai pas vu de couac dans cette organisation. Les gens ont travaillé dans une très bonne ambiance et le timing a été respecté. En termes de contenu, à partir d’horizons divers, nous nous sommes tous accordés sur les défis principaux aujourd’hui du CEH. Et le thème était clair. C’était l’ancrage du CEH dans la dynamique institutionnelle, partenariale et territoriale. Et il y a eu une convergence de points de vue par rapport à cette problématique. On a partagé les mêmes points de préoccupation qui ont porté principalement sur donc l’ancrage du CEH, la formation, la production des données, la recherche action et l’appui-conseil.
Les structures universitaires, on le sait, ont besoin de ressources, de soutien pour pouvoir bien mener leurs activités. Donc la question du partenariat aussi a été vivement souligné à l’occasion de ce séminaire. Je pense que le CEH même est né d’un partenariat de plusieurs structures. Il faudra donc renforcer cette dynamique-là pour son rayonnement futur ».

Pr Moussa BARAGE, Recteur de l’Université Abdou Moumouni (Niger)

« Nous avons fait le déplacement de Ouagadougou pour supporter nos frères collègues et amis de l’Uni-versité Joseph KI-ZERBO, dans la mise en place du Centre d’Excellence de l’Habitat, qui est un centre d’excellence de l’UEMOA. C’est une originalité pour
notre sous-région ouest-africaine. Il n’y a pas pareil en Afrique de l’Ouest. Le CEH va s’occuper de la gestion urbaine comme vous le savez. La problématique d’urbanisation qui est une problématique à l’échelle mondiale. Comme vous le savez, pour intervenir dans les questions des villes, on a besoin de plusieurs acteurs. Non seulement les acteurs chargés des financements, mais aussi les acteurs techniques. Et nous nous sommes venus pour intervenir sur le volet technique. À l’université Abdou Moumouni de Niamey, nous avons déjà des départements de géographie et de sociologie qui sont entrés dans le vif du sujet de la gestion urbaine, et ont déjà produit des résultats. Et nous sommes disposés à mettre à la disposition du CEH, non seulement ces résultats, mais aussi les spécialistes chargés de questionner des villes en démographie, en géographie urbaine, etc. Et nous sommes aussi disposés à partager notre expérience en matière de formation et de recherche ».

Yombi OUÉDRAOGO, Chargé de programme ONU-Habitat Burkina Faso/ Représentant du directeur du bureau régional pour l’Afrique de l’ONU-Habitat (Kenya)

« Le lancement du CEH est déjà une grande victoire parce que tous les projets n’aboutissent pas forcement. Vous avez vu les circonstances dans lesquelles nous avons commencé le projet, rien ne présageait un tel résultat final. Aujourd’hui, nous sommes passés de la vision à l’action. Nous sommes arrivés à institutionnaliser le CEH, c’est une grande fierté pour tous les acteurs. Bien évidemment, il reste toujours des défis à relever, notamment celui de l’ancrage du Centre non seulement dans le paysage national, mais également dans le paysage sous-régional. Je puis vous dire que le CEH est déjà un institut qui, au vu de certains échanges que nous avons eu avec certains acteurs, est devenu une propriété au-delà du Burkina Faso. Je vous fais la confidence que des responsables du Ministère de la Construction de la Patrie m’ont déjà approché pour parler du CEH dans la déclaration du Burkina Faso à l’occasion du Forum urbain mondial. Cela vous donne une idée de la légitimité internationale que le CEH pourrait avoir déjà. Il appartient maintenant au CEH de consolider cette assise-là à travers des partenariats solides et stratégiques, qui lui permettront d’occuper la place qui lui revient ».

Raphaëlle VIGNOL, Chargé de gestion de programme à l’ONU-Habitat au siège à Nairobi.

« Ce fut un plaisir pour moi de participer à ce séminaire, j’ai été là à la création du CEH il y a plusieurs années. Le séminaire était très bien organisé avec un bon équilibre entre les temps d’échanges. Il y avait une bonne représentation de participants de différents horizons, différents pays, mais aussi différents horizons professionnels qui permettaient de bien enrichir les débats. L’organisation logistique aussi a été très bonne. Ce qui m’a le plus frappée au cours de ces échanges, c’est l’enthousiasme et l’engagement de l’Université Joseph KI-ZERBO que je tiens à saluer. Ce qui a été nouveau pour moi, c’est d’avoir eu tous ces retours de la part des partenaires ; ce qui est venu confirmer l’intérêt et l’opportunité d’un tel centre du savoir et de formation sur la question de l’habitat. Le fait d’avoir parlé de l’habitat de manière holistique, de comprendre tout ce qui se passe autour de la question de l’habitat adéquat, est important non seulement pour les villes, mais essentiellement pour les habitants. Le besoin de comprendre, de mettre les habitants au centre de l’information et des décisions prises, pour la production de logements abordables et durables, et qui répondent ainsi aux besoins des populations et à leur capacité financière vient convaincre de la pertinence d’un tel centre d’excellence ».

Photo de famille des participants du séminaire avec le Président de l’université Joseph KI-ZERBO